Lundi 30 novembre 2009
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Ni une ni deux ! En attendant que la pluie daigne s'arrêter sur nos contrées, j'ai mené une opération destruction d'envergure. La cible visée : Araujia sericifera. Une liane aussi connue
sous le nom de "plante cruelle". Tout un programme !!
Cette dame était gentiment installée dans mon jardin lorsque j'en ai pris possession il y a sept ans maintenant. Je me suis laissée envoutée par ses fleurs blanches-rosées qui exhalent un doux
parfum.
Jusqu'au jour où, lors d'une promenade dans le jardin, j'ai remarqué que de nombreux papillons étaient prisonniers de ces fleurs. Notamment des sphinx colibri, qui abondent sous les frondaisons de
mes chênes. J'ai réussi à sauver ceux qui étaient encore en vie, en écartant les pétales des fleurs et parvenant ainsi à libérer leur trompe prisonnière. J'ai malheureusement remarqué avec
tristesse que de trop nombreux lépidoptères et insectes pollinisateurs avaient péri.
Me renseignant sur la plante incriminée, j'en ai appris le nom et la mauvaise réputation : en phase terminale, cette liane grimpante à tiges duveteuses contenant un suc laiteux et
toxique possède des bouquets axillaires de petites fleurs en clochette à courte corolle tubulaire à cinq lobes effilés et retroussés à marge ondulée, contenant au fond de la gorge
une sorte de pincette qui retient prisonnier les insectes pollinisateurs ! Attention : elle les piége, non pas pour les déguster (ce n'est pas une plante
carnivore) mais dans un but de reproduction.
On pourra m'opposer l'argument : "
c'est la dure loi de la nature". Or il n'est pas dans la nature de l'Araujia de pousser en Provence. Originaire du Pérou, elle est pollinisée là-bas par
des insectes suffisamment gros et fort pour s'extraire du piège tendu par ses corolles. Or ce n'est pas le cas des populations endémiques européennes. Papillons, abeilles et autres insectes sont
les victimes innocentes des plantations inconsidérées de jardiniers toujours à l'affût de nouveautés et d'originalité, qui ne mesurent pas les dégâts que peuvent causer l'introduction
d'une nouvelle espèce sur un territoire non adapté.
Lorsque j'irai découvrir le Pérou, j'admirerai l'Araujia. En attendant, dans mon jardin, au sein duquel je souhaite développer la biodiversité, l'Araujia est une plante criminelle contre laquelle
je lutte chaque année...
L'arrachant après avoir pris connaissance de ces particularités quelque peu cruelles, j'ai crû en être débarrassé...
Malheureusement, les graines contenues dans ses fruits (photo ci-dessus), s'étaient déjà répandu dans le jardin et celui de mon voisin. La saison suivante, de nouvelles lianes poussaient.
Très vigilante, j'essaie de contrôler la population de cette grimpante sur mes terres. Malheureusement, elle s'implante allègrement chez mon voisin dont le terrain est totalement en friche.
Depuis ma clôture, je tente de cueillir le plus de fruits possibles afin que l'araujia ne collonise pas cette terre abandonnée.
J'ai malheureusement constaté que cette plante avait un puissant pouvoir envahissant. Dans un proche quartier composé de prés séparés par des haies, elle s'invite allègrement parmi les ronces et
les arbustes.
Au cours de mes recherches, j'ai appris qu'elle posait de graves problèmes dans les vergers de Californie. Il paraît que certains pays auraient interdit sa culture. Mais je n'ai pas trouvé de
documents officiels qui vont dans ce sens.
En attendant, ma récolte de fruits ne partira pas au compost. Pas de risque inutile ! Les abeilles de nos ruches nous remercieront l'été prochain...