La Tortue Verte

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  • : Au fil des jours et des saisons, la vie au coeur d'un jardin méditerranéen, situé à l'ouest de l'étang de Berre dans les Bouches-du-Rhône. Un jardin d'agrément, un potager, une serre, une petite basse-cour... De quoi vivre au plus près de la nature, selon le rythme des saisons (s'il y en a encore !!).
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Les jardins de résistance

Par jardin de résistance il faut entendre l'ensemble des espaces publics et privés où l'art de jardiner (...) se développe selon des critères d'équilibre entre la nature et l'homme sans asservissement aux tyrannies du marché mais avec le souci de préserver tous les mécanismes vitaux, toutes les diversités - biologiques ou culturelles - dans le plus grand respect des supports de vie (eau, sols, air) et dans le plus grand souci de préserver le bien commun et l'humanité tributaire de ce bien commun.
Gilles CLEMENT.

Au rythme des saisons...

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 21:59
Même dans la froide lumière de ce soleil de décembre, l'euryops brille de mille feux.


Depuis des semaines, ce petit arbuste se préparait, histoire de jouer la star dans le jardin... Au moment où toutes les fleurs se retirent dans leurs quartiers d'hiver, pour prendre un peu de repos, l'euryops nous offre une explosion de lumière. Qu'il est bon de contempler ces magnifiques fleurs qui retiennent les rayons du soleil, se laissent effleurer par les rosées du matin.


Cet arbuste persistant de la famille des Asteraceae est originaire de l'Afrique du Sud. Parfaitement acclimaté, nous le retrouvons de plus en plus dans les massifs méditerranéens. Il faut reconnaître que la floraison de l'euryops pectinatus est très attractive : ses fleurs en forme de marguerites enluminent les journées hivernales. Mais surtout il ne craint ni la chaleur ni le manque d'eau.
Des vertus que j'apprécie, je l'avoue. Planté depuis trois ans maintenant, cet arbuste est devenu très beau, s'étalant sur presque un mètre. Un de ses confrères planté plus à l'ombre des chênes ne s'est pas aussi bien développé. Je l'ai d'ailleurs déplacé cet automne, le plaçant plus au soleil prsè du grenadier. Il me remercie déjà en s'étoffant et fleurissant modestement. Une reconnaissance que je savoure lors de mes promenades dans le jardin.
Par La Tortue Verte - Publié dans : Flore du jardin - Communauté : fleurs et jardins
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 09:40
 

Jardin rime avec partage. Nous en faisons tous l'expérience. Conseils, boutures, graines, trucs et astuces, tout s'échange entre jardiniers passionnés. Et la famille Tortue est la première adepte de ces pratiques.

Le père Tortue s'est d'ailleurs engagé au sein de l'association des Jardiniers de France en devenant intervenant.



Samedi après-midi, en la présence du responsable régional Jacques Chauvin (notre photo), il animait ainsi un atelier sur le thème « le jardin au naturel » et donnait  les "recettes" qui lui permettent de mener avec succès son potager. Les voici...

 

1 – Le compost

Dans un palox, dont le fond a été ôté, nous faisons notre compost. Avant que les poules se chargent des déchets alimentaires, nous lui confions toutes nos épluchures, nos restes... Comme nous achetons surtout du bio, nous n'avons pas vraiment de restrictions. Régulièrement, des feuilles de chêne, des branches, quelques tontes de gazon, des cendres étaient ajoutées. Le résultat est une merveille, tamisé par les bons soins du père Tortue. Ce précieux compost, mélangé avec de la terre ou du sable, sera très utile pour les semis du printemps.

 

2 – Le BRF

Ou Bois Raméal Fragmenté. Après l'investissement dans un broyeur, toutes nos tailles sont maintenant réduites en petits morceaux et servent à pailler le jardin. Nous nous amusons quelquefois à faire des effets de style avec des bois différents. Le saule pleureur donne par exemple un très beau paillage jaune, apportant de la lumière dans le jardin en même temps que des vertus toutes naturelles.

 

3 – L'engrais vert

Moutarde et phacélie sont semées dans le potager. Ces plantent fixent l'azote dans le sol. Lorsqu'elles sont coupées et enfouies sur place, elles l'enrichissent naturellement. Elles ont en outre l'avantage d'être mellifères. Nos colonies d'abeilles apprécient la proximité de ces fleurs ; elles sont toujours très nombreuses à butiner dans le potager. Ce qui oeuvre aussi à favoriser la pollinisation des plantes potagères... Toujours et encore le cercle vertueux.

 

4 – Les purins

A-t-on le droit de parler ortie, prêle ou consoude sans prendre le risque de terminer en garde à vue ? Il semble que la guerre de l'ortie n'est pas terminée...

Il faut dire que les vertus de son purin sont formidables et permettent de ne pas faire appel à des substituts chimiques. Elle fait des merveilles au potager. De même que la prêle et la consoude. Cette dernière pousse facilement dans notre jardin. Le père Tortue l'utilise aussi dans des décoctions qu'il pulvérise ensuite sur les plantes. La prêle est plus rare et nous devons nous ravitailler sur d'autres terres.
Le père Tortue avait préparé des plants de consoude et d'ortie ; tous les participants sont repartis avec leurs pots à replanter dans leurs jardins.



Nous avons profité de cette réunion pour tester la grelinette. Chaque participant y est allé de son mètre carré ! Avec humour, nous avons remarqué que de telles réunions permettent ainsi au père Tortue de s'économiser !!

Par La Tortue Verte - Publié dans : Trucs et conseils - Communauté : jardinage écologique
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 13:10
 

« Notre philosophie est là, dans l'acceptation du temps qui passe puisque nous le remplissons en entier de notre vie choisie, sans dépendance aucune sinon au jardin qui est une part de nous-mêmes. Il nous procure la nourriture terrestre, mais aussi spirituelle lorsque, vagabondant au creux de ses allées, nous sommes parfois à mille lieux de lui. Ses plantes nous emmènent aux quatre coins du monde. Chaque jour, il se renouvelle, l'image n'est jamais figée. A la fatigue nécessaire à son entretien, il offre en contrepoint le repos propice à la rêverie lors de flâneries bien méritées. Il nous tient en haleine une année durant pour l'éclosion d'une fleur furtive, et parfois, s'affranchit de nous, péremptoire, dans son désir de fuir un destin qu'il imagine tracé. Il faut alors échafauder des ruses pour le juguler, mais aussi lâcher la bride et laisser place à l'improvisation ».

 

Annick Bertrand-Gillen, l'auteur de ses mots, vit depuis trente ans, avec son compagnon Yves Gillen, au cœur des « Jardins des Marais », au nord de Saint-Nazaire. Ils ne vous sont pas inconnus : de nombreux périodiques nationaux, consacrés au jardinage et à l'écologie, ont régulièrement parlé d'eux. Leur jardin est un modèle d'écosystème conduit en collaboration avec la nature.


Annick et Yves se sont affranchis de notre société de consommation, réduisant leurs besoins au strict nécessaire. Pas d'ascèse mais une juste distanciation avec le consumérisme à outrance qui nous assujettit et nous aliène totalement. Cela leur a notamment été possible grâce à leur jardin dont ils tirent leur subsistance quotidienne. Ils ont aussi très tôt expérimenté l'autonomie énergétique avec l'installation d'aérogénérateur et de panneaux solaires. Annick relate leur aventure dans un ouvrage paru cette année aux éditions Ulmer dans la collection « Les nouvelles Utopies » : « Les affranchis jardiniers – un rêve d'autarcie ».



Je vous en conseille vivement la lecture. Outre les délicieux textes d'Annick, les photographies sont exquises. Elles invitent à une promenade au long cours dans « Les Jardins des Marais » et font état des bonheurs simples possibles au fil des jours en ce lieu. Le lecteur conquis découvre ainsi que ces « affranchis jardiniers » sont aussi de véritables artistes. Le jardin recèle d'œuvres d'Yves, comme autant d'odes à la créativité inspirée par une vie « juste ». Non pas dans un sens moral, mais dans l'esprit d'une harmonie, d'une communion avec le milieu dans lequel ils évoluent. Un sentiment de liberté parcourt les pages de cet ouvrage. A savourer en rêvant de visiter un jour « Les Jardins des Marais » et rencontrer Annick et Yves.

Par La Tortue Verte - Publié dans : Livres - Communauté : jardinage écologique
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 19:23


Surprise au réveil : les premières gelées se sont invitées.
Profitant d'un bel après-midi ensoleillé, j'ai ramassé les feuilles de chêne afin de protéger mes massifs. Elles feront office d'un manteau épais et protecteur durant l'hiver. Tout en produisant un humus bénéfique aux plantations et à la terre.
Au printemps, je les ramasserai à nouveau : une partie sera entreposée au fond du pré, dans un ruisseau, afin de finir de composter ; l'autre sera directement enfouie dans le potager par le père Tortue, afin d'apporter force et nutriments aux plantations d'été.
Le cercle vertueux !!

Petite remarque du lendemain :
Douce surprise, ce matin : il pleut !!  Les feuilles vont se tasser plus rapidement, formant un manteau épais. Le processus de décomposition va être activé. Un vrai bonheur ! J'entends déjà la terre et les végétaux se réjouir...
Par La Tortue Verte - Publié dans : Tout et rien... - Communauté : jardin au fil des saisons
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 09:03

Ni une ni deux ! En attendant que la pluie daigne s'arrêter sur nos contrées, j'ai mené une opération destruction d'envergure. La cible visée : Araujia sericifera. Une liane aussi connue  sous le nom de "plante cruelle". Tout un programme !!
Cette dame était gentiment installée dans mon jardin lorsque j'en ai pris possession il y a sept ans maintenant. Je me suis laissée envoutée par ses fleurs blanches-rosées qui exhalent un doux parfum.


Jusqu'au jour où, lors d'une promenade dans le jardin, j'ai remarqué que de nombreux papillons étaient prisonniers de ces fleurs. Notamment des sphinx colibri, qui abondent sous les frondaisons de mes chênes. J'ai réussi à sauver ceux qui étaient encore en vie, en écartant les pétales des fleurs et parvenant ainsi à libérer leur trompe prisonnière. J'ai malheureusement  remarqué avec tristesse que de trop nombreux lépidoptères et insectes pollinisateurs avaient péri.
Me renseignant sur la plante incriminée, j'en ai appris le nom et la mauvaise réputation : en phase terminale, cette liane grimpante à tiges duveteuses contenant  un  suc laiteux et toxique possède des bouquets axillaires de petites fleurs en clochette à courte corolle tubulaire à cinq lobes effilés et retroussés à marge ondulée, contenant au fond de la gorge une sorte de pincette qui retient prisonnier les insectes pollinisateurs ! Attention : elle les piége, non pas pour les déguster (ce n'est pas une plante carnivore) mais dans un but de reproduction.
On pourra m'opposer l'argument : "c'est la dure loi de la nature". Or il n'est pas dans la nature de l'Araujia de pousser en Provence. Originaire du Pérou, elle est pollinisée là-bas par des insectes suffisamment gros et fort pour s'extraire du piège tendu par ses corolles. Or ce n'est pas le cas des populations endémiques européennes. Papillons, abeilles et autres insectes sont les victimes innocentes des plantations inconsidérées de jardiniers toujours à l'affût de nouveautés et d'originalité, qui ne mesurent pas les dégâts que peuvent causer l'introduction d'une nouvelle espèce sur un territoire non adapté. 
Lorsque j'irai découvrir le Pérou, j'admirerai l'Araujia. En attendant, dans mon jardin, au sein duquel je souhaite développer la biodiversité, l'Araujia est une plante criminelle contre laquelle je lutte chaque année...
L'arrachant après avoir pris connaissance de ces particularités quelque peu cruelles, j'ai crû en être débarrassé...


Malheureusement, les graines contenues dans ses fruits (photo ci-dessus), s'étaient déjà répandu dans le jardin et celui de mon voisin. La saison suivante, de nouvelles lianes poussaient.
Très vigilante, j'essaie de contrôler la population de cette grimpante sur mes terres. Malheureusement, elle s'implante allègrement chez mon voisin dont le terrain est totalement en friche. Depuis ma clôture, je tente de cueillir le plus de fruits possibles afin que l'araujia ne collonise pas cette terre abandonnée.
J'ai malheureusement constaté que cette plante avait un puissant pouvoir envahissant. Dans un proche quartier composé de prés séparés par des haies, elle s'invite allègrement parmi les ronces et les arbustes.
Au cours de mes recherches, j'ai appris qu'elle posait de graves problèmes dans les vergers de Californie. Il paraît que certains pays auraient interdit sa culture. Mais je n'ai pas trouvé de documents officiels qui vont dans ce sens.
En attendant, ma récolte de fruits ne partira pas au compost. Pas de risque inutile ! Les abeilles de nos ruches nous remercieront l'été prochain...
Par La Tortue Verte - Publié dans : Flore du jardin - Communauté : fleurs et jardins
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